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Intersyndicale RIF

144 Route de Rouffach

68920 Wettolsheim

 

Ricoh Industrie France                                                                  

A l’attention de Mr Thierry BEA

Président de RIF

144 Route de Rouffach

68920 Wettolsheim

 

Wettolsheim, le 28 janvier 2019

 

Lettre ouverte

 

Monsieur le Président,

Nous faisons suite à votre intervention lors du Comité d’Entreprise qui s’est tenu le 22 janvier 2019.

L’Intersyndicale a porté son contenu auprès de l’ensemble des salariés afin de recueillir leur opinion. Les réactions, dans leur immense majorité, ont été désastreuses voire inquiétantes. Beaucoup de verrous ont sauté pendant le PSE et la plupart des salariés se sont livrés sans filtre et de façon très directe : ce qui a été annoncé est non seulement inacceptable, mais surtout parfaitement contreproductif car vécu comme une punition et non comme une récompense…

1/ Sur la prime dite « Macron »

Votre position sur les difficultés financières de RIF est rarement comprise, puisque le financement de cette prime représente une somme globale très faible, en comparaison aux résultats d’exploitation attendus pour cette année fiscale, ainsi que des réserves financières dont dispose RIF.

Par ailleurs, RIF ne saisit pas l’opportunité d’une défiscalisation pour verser une somme à la hauteur des attentes et des difficultés financières générées par les hausses du cout de la vie en 2018 (hausse des carburants, pour ne citer qu’elle, qui a provoqué à elle seule le mouvement des gilets jaunes dans notre pays).

2/ Sur l’absence annoncée de participation aux bénéfices et d’augmentations de salaires faibles (donc inférieures à l’an dernier)

Comment, alors que des records de productivité ont été battus chez RIF, peut-on concevoir que les salariés ne bénéficient pas de la part (déjà faible) que le système de participation leur octroie de droit ? Parce qu’il a été décidé de financer une partie du pse, en une seule fois, avec les bénéfices réalisés, alors même que les réserves financières de rif permettraient de le financer intégralement. Cette absence de bénéfice est donc organisée par une écriture comptable, et le message envoyé est que les salariés rescapés vont financer le pse. Cela rappelle fortement les écritures comptables effectuées par Ricoh Japon et qui ont privé les salariés d’intéressement l’an dernier (affaire toujours en cours au tribunal)

Malgré les difficultés évoquées du MRO, RIF n’en est pas moins fiscalement une entité qui comprend les autres activités bénéficiaires (dont le toner, désormais fermé,  et le tbg), et va générer globalement, vous le savez,  un résultat d’exploitation élevé, en contradiction d’ailleurs avec la mauvaise santé économique sans cesse évoquée.

Nous l’avons souligné à bien des reprises : TOUS les salariés restant méritent votre attention toute particulière. Vous les avez d’ailleurs remerciés dans votre dernière lettre. Mais les mots et les mercis ne suffisent pas. Seuls les actes permettront d’éviter la grogne et la poursuite de la perte des compétences, sans compter la perte de motivation.… Rif doit continuer à fonctionner, mais vous ne mettez pas d’huile dans les engrenages, tous grippés aujourd’hui.

La réserve de participation, constante depuis des années est un élément intégré par les salariés, qui leur permet de faire face à des dépenses annuelles. Nous le répétons, preuves à l’appui, RIF n’est pas en difficulté financière, et priver ces salariés de cette ressource est perçu comme une injustice de plus. Comme si l’insécurité et le presque chaos que le pse a créé ne suffisait pas…

Si vous souhaitez continuer dans cette logique purement comptable, nous vous demandons, a minima, de verser une prime « macron » immédiate de 800 euros nets, qui pourrait compenser la privation annoncée de participation. Vous avez évoqué indirectement le fait que vous préfériez donner aux salariés restant, ce qui est impossible dans le cadre de la prime macron (cela pose des problèmes de discrimination). Donc en suivant cette logique, ceux qui trinquent sont ceux qui restent, pas ceux qui partent. En leur versant une prime éventuellement plus tard (et nous nous battrons pour celle-ci, vous le savez), vous réduisez le montant qu’ils toucheraient au final, puisqu’une grande partie serait soumise aux charges patronales.

D’après nos calculs, donner 800 euros défiscalisés à tous maintenant ne reviendrait pas plus cher que de donner 600 euros bruts à une partie des salariés après les NAO, qui toucheraient au final 450 EUR nets. Soyons pragmatiques, et débarrassons-nous d’une position de principe, pour donner à tous une somme significative dès maintenant !

Pour toutes les raisons évoquées précédemment, nous vous demandons d’étudier le financement d’AG et d’AI identiques à l’an dernier, ainsi qu’un talon de 60 euros pour tous. Compte tenu de la nouvelle masse salariale (620 salariés selon la direction), le talon  représenterait un coût mensuel approximatif de 54 000 EUR (charges comprises) pour RIF.

3/ Congés tbg

Nous vous rappelons aussi qu’il est nécessaire de statuer très rapidement sur les congés. Pour le tbg, nous avons une position claire des salariés : des efforts ont été demandés toute l’année, et plus encore pour l’arrivée d’E8. Pas de prime, pas d’augmentations de salaires, constituent un cocktail explosif dont vous êtes l’artificier!

De plus, la proposition de planning de congés tardive en février qui prévoit selon les informations direction, des congés en été et une fermeture de 17 jours en octobre qui vraisemblablement priverait beaucoup de salariés production de congés mobiles jusqu’en mai 2020 !

Conclusion

Il est plus que probable que sans nouvelles propositions de votre part, un conflit social naisse, qui sera difficilement contrôlable, étant donné les difficultés organisationnelles et très nombreux risques RPS identifiés suite au PSE.

Un très grand nombre de salariés se dit prêt à arrêter le travail et à se rendre à l’entrée du site, à ce titre, nous vous laissons jusqu’au 18 février pour mettre sur la table des propositions sérieuses répondant aux fortes attentes des salariés, faute de quoi  l’Intersyndicale serait dans l’obligation de suivre les salariés et d’aller au conflit.

Dans l’attente de vous lire, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos salutations distinguées.

 

 

Pour la CFDT, Olivier Delacourt                                                        

Pour l’UNSA, Soufiane Salah

Pour FO, Baris Unal                                                                        

Pour la CGT, Yamina TAS