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Source : https://c.dna.fr/economie/2018/09/05/negociations-sous-tension-chez-ricoh

 

Négociations sous tension chez Ricoh

L’usine Ricoh Industrie France (RIF) de Wettolsheim est bloquée depuis lundi soir par les salariés. Les négociations se sont tendues sur le projet de restructuration du site qui prévoit 248 suppressions de postes, dont 150 licenciements secs.

 

Le projet annoncé par le Japonais Ricoh au mois de mai prévoit l’arrêt de l’activité toner, l’encre en poudre pour les copieurs. Il entraînera la réduction d’un quart des effectifs du site de Wettolsheim où travaillent aujourd’hui plus de 800 personnes, dont un peu plus de 700 salariés en CDI.

Les négociations engagées sur le plan de restructuration sont laborieuses, malgré la conclusion d’un accord de méthode. « Ça traîne, il nous reste cinq semaines pour négocier. Rien n’est décidé, il manque des documents », peste un syndicaliste.

Un climat d’incompréhension

Lundi, direction et syndicats se sont retrouvés pour la septième fois autour de la table pour discuter, cette fois, des mesures d’accompagnement des salariés concernés par les suppressions de postes. Mais un climat d’incompréhension semble s’être installé entre les parties.

Dans un communiqué, la direction indique qu’en réponse à ses propositions, « les organisations syndicales ont soumis des mesures d’un coût total que l’entreprise ne peut pas financer sans risques graves pour la pérennité du site ». Faute d’accord, dit-elle, « les discussions ont été suspendues ».

Les syndicats contestent cette version des choses. « Après nous avoir reproché de vouloir dépouiller la trésorerie de l’entreprise, la direction a fait une contre-proposition misérable, et les salariés ont alors décidé de bloquer l’usine », raconte Olivier Delacourt, porte-parole de l’intersyndicale CFDT, CGT, CFE-CGC, FO et Unsa du site. Les syndicats demandaient qu’un montant de 40 millions d’euros soit alloué aux mesures d’accompagnement (indemnités légales et supra-légales, congé de reclassement…) des personnes qui vont perdre leur emploi. Ils estiment au vu des comptes, que l’entreprise en a les moyens.

Depuis lundi, soir, l’activité de l’usine est paralysée. Visiblement soucieuse de calmer le jeu, la direction de RIF précise dans son communiqué « souhaiter par un dialogue ouvert, transparent et constructif, arriver à un accord sur des mesures de qualité qui répondent à la situation de chacun des salariés concernés, sans pour autant menacer la pérennité de l’entreprise en acceptant des mesures dont le coût excéderait ses capacités ».

Ses propositions privilégient « les départs volontaires », et sa priorité est de « limiter à moins de 150 le nombre de licenciements contraints », précise-t-elle, en appelant à « une reprise des négociations sur des bases économiques plus réalistes ».

Selon l’intersyndicale, « ce ne sont pas 150 salariés maximum qui vont être licenciés, mais 221, faute de reclassements possibles sur la ligne de recyclages des copieurs qui tourne au ralenti ».

Une nouvelle réunion des partenaires sociaux est prévue aujourd’hui, avec de « nouvelles propositions de la part de la direction ». « Il nous reste trois semaines pour rédiger un accord », dit Olivier Delacourt, sans s’avancer sur une date pour la levée du blocage.